• Plusieurs grèves de la faim dans le Sud tunisien

    LE MONDE | 21.02.05 | 15h08

    Un ancien détenu islamiste, Abdallah Zouari, est en grève de la faim depuis le 23 janvier, non loin de Zarzis, dans l'extrême Sud tunisien, où il est assigné à résidence depuis deux ans. Ce père de quatre enfants, âgé de 49 ans, réclame le droit de pouvoir se rapprocher de sa famille, qui habite Tunis.

    Ex-collaborateur de l'hebdomadaire El-Fajr, où il a travaillé comme journaliste pendant quatre ans, Abdallah Zouari est sorti de prison en juin 2002. Il venait de purger une peine de onze années dans le cadre de procès intentés, au début des années 1990, contre les membres du mouvement islamiste interdit Ennahda.

    A peine libéré, Abdallah Zouari se retrouve derrière les barreaux. Il est condamné à treize mois de prison pour "non-respect de la surveillance administrative". L'ancien détenu a débordé du périmètre de 40 km2 auquel il est astreint pour une durée de cinq années. A nouveau élargi en août 2003, Abdallah Zouari reste confiné dans l'extrême Sud tunisien, sous étroite surveillance policière, sans moyens de subsistance, sinon la solidarité familiale et les amis. "Mes quatre enfants suivent leurs études secondaires et universitaires à Tunis. Ni eux ni mon épouse ne peuvent venir me voir, et les trajets coûtent très cher", explique-t-il par téléphone.

    C'est en dernier recours qu'Abdallah Zouari s'est lancé dans cette grève de la faim. " J'ai présenté un recours au tribunal administratif, il y a deux ans et demi, il n'a toujours pas été examiné. Et je n'ai pas reçu de réponse aux télégrammes que j'ai envoyés, en particulier au ministre de l'intérieur, celui de la justice, et même au président de la République", déclare-t-il.

    La Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH) et le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT, non reconnu) ont apporté leur soutien à Abdallah Zouari. La Ligue a appelé dans le même temps à la suppression de la punition de la surveillance "pour tous les détenus politiques, dans la mesure où ils ont été condamnés lors de procès iniques".

    Cela fait longtemps que les ONG tunisiennes et internationales de défense des droits de l'homme dénoncent le sort réservé aux islamistes par le régime tunisien : conditions de détention très dures, puis "harcèlement administratif"à la sortie de prison, empêchant toute réinsertion sociale et familiale de l'ex-détenu.

    Pour leur part, les autorités tunisiennes affirment qu'il n'y a pas de détenus politiques dans le pays. Dans le cas d'Abdallah Zouari, elles lui dénient la qualité de journaliste. Il s'agit d'"un terroriste qui a bénéficié dans ses procès de toutes les garanties offertes par la loi et qui refuse de se conformer aux décisions de justice", dit-on à Tunis.

    Islamiste ? Abdallah Zouari ne conteste pas qu'il l'est. Il reconnaît même qu'il a été l'"un des dirigeants du mouvement Ennahda". En revanche, il dément catégoriquement être un "terroriste". "Si c'était le cas, croyez-vous vraiment que le pouvoir m'aurait laissé sortir de prison ?", souligne-t-il.

    Cinq familles habitant le Sud tunisien se sont, elles aussi, lancées dans une grève de la faim, mercredi 16 février, pour des raisons analogues à celles d'Abdallah Zouari. Elles réclament que leurs enfants, emprisonnés à Tunis, soient transférés près de leurs familles dans la région de Zarzis.

    Ces jeunes détenus, âgés de 18 à 22 ans, surnommés les "internautes de Zarzis", sont en prison depuis 2003 pour treize ans, pour usage d'Internet "à des fins terroristes". L'un d'eux a fait une tentative de suicide en décembre 2004, tant les conditions de détention sont dures, d'après sa famille. "Ils sont détenus à 500 km de nous. Il nous est extrêmement difficile d'aller leur rendre visite, souligne le père de l'un de ces jeunes, Abdel Ghaffar Guizar. Les enfants sont enfermés et les familles déchirées. Pour nous, il s'agit d'une punition collective."

    Florence Beaugé et Marie-Hélène Towhill

    • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 22.02.05


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  • Un ex-détenu en grève de la faim depuis 27 jours entend poursuivre son jeûne
    TUNISIE - 19 février 2005 - AFP

    L'ancien détenu islamiste et journaliste tunisien Abdallah Zouari, en grève de la faim depuis 27 jours pour réclamer "le droit de vivre avec sa famille", a indiqué samedi qu'il entendait poursuivre son jeûne.

    "J'absorbe uniquement du thé sucré avec des vitamines et je poursuivrai la grève pour en finir avec ma situation dramatique", a déclaré M. Zouarians) à l'AFP, se plaignant d'une présence policière permanente sur son lieu d'assignation pour "surveillance administrative" à Hassi Jerbi, une zone rurale près de Zarzis, à 500 km de son domicile de Tunis.

    Il a ajouté avoir reçu samedi la visite d'un médecin, qui l'a trouvé "affaibli" et d'un avocat qu'après "moult tractations avec la police".

    Un medécin, le dr Fethi Touzi, a déclaré que M. Zouari "se déplace avec des béquilles, a perdu 9 kg et commence à montrer des troubles neuro-végétatifs". "Au bout de quatre semaines, il va entrer dans une période critique", a-t-il précisé.

    L'avocat de M. Zoauari, Me Slah Ourimi a qualifié de "dégradant" le sort de son client, indiquant qu'il avait déposé un recours pour qu'il soit transféré dans le lieu de résidence de sa famille.

    Les autorités tunisiennes dénient le statut de journaliste à M. Zouari, affirmant qu'il avait été "condamné suite à son inculpation de crimes terroristes et à son refus de se conformer aux décisions de justice".

    Le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT, non reconnu) et la Ligue tunisienne des

    droits de l'Homme (LTDH) ont exprimé leur soutien à M. Zouari, le CNLT appelant les autorités à respecter "son droit fondamental à la libre circulation, à élire son domicile là où il le désire, à former un parti et à publier un journal".

    Ex-collaborateur de l'hebdomadaire Al Fajr (l'Aurore), organe du parti islamiste Ennahda, M. Zouari avait été arrêté en 1991 et condamné par un tribunal militaire à onze ans de prison dans le cadre des procès intentés à l'époque contre de nombreux dirigeants de ce parti interdit en Tunisie.

    Elargi en juin 2002, il a de nouveau été condamné à un total de treize mois pour "non respect de la surveillance administrative", une peine complémentaire contestée par les défenseurs des prisonniers.


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  • L'opposant Salah Karker paralysé après un accident cérébral



    AFP, le 16 février 2005
    L'opposant tunisien Salah Karker, cofondateur d'un mouvement islamiste interdit et assigné à résidence en France depuis 1993, a perdu l'usage de la parole et d'une partie de ses membres à la suite d'un accident vasculaire cérébral, a-t-on appris mercredi auprès de sa famille.

    Salah Karker, assigné à résidence dans un hôtel de Digne-les-Bains (sud-est), a été victime d'une attaque le 15 janvier, et s'est réveillé aphasique et partiellement hémiplégique après trois semaines de coma artificiel, a indiqué son fils Jaafar Karker à l'AFP. Le préfecture des Alpes-de-Haute-Provence a simplement confirmé qu'il avait été hospitalisé en janvier.

    Les proches de de réfugié politique de 56 ans dénoncent "l'effet négatif de l'assignation sur son état de santé et sur la rapidité des secours", soulignant que "seul dans son hôtel d'assignation, il n'a pu être secouru que plusieurs heures après l'accident". Ils demandent son transfert dans un hôpital parisien.

    Réfugié politique depuis 1988, M. Karker, opposant au régime du président Ben Ali et fondateur du mouvement "Ennahda", est depuis 1993 sous le coup d'un "arrêté d'expulsion en urgence absolue, pour soutien actif à un mouvement terroriste", pris par le ministre de l'Intérieur de l'époque Charles Pasqua et jamais mis à exécution.


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  • mercredi 16 février 2005 - 17:34 Un bateau marocain, le «MSC Al Amine», a heurté mardi, par une forte tempête, des rochers sur les côtes d'Aïn Oktor, près de Korbous (50 km de Tunis). Du fuel lourd s'est aussitôt échappé de ses réservoirs, provoquant une marée noire.

    Les ministres de l'Intérieur, Rafik Belhaj Kacem, de la Défense, Hedi Mhenni et de l'Environnement, Nadir Hamada, se sont aussitôt rendus sur les lieux où des équipes spécialisées ont entamé les opérations destinées à circonscrire la zone touchée pour faire barrage au fuel déversé, à l'aide de cordons flexibles munis de bouées.

    Mercredi en milieu de journée (photo), le «MSC Al Amine» était ensablé, couché sur le flanc à une vingtaine de mètres de la côte. Quelque 200 personnes de la municipalité, de la protection civile, de la garde et de l'armée nationale s'activaient à nettoyer la côte polluée.
    Il faudra au minimum deux semaines pour désensabler le porte-conteneur qui sera ensuite tracté vers l'un des chantiers navals les plus proches, selon un responsable marocain de la compagnie propriétaire du bateau.
    (Libération.fr)


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  • Le Lord-maire de la City conduit une mission financière en Tunisie
    TUNISIE - 15 février 2005 - AFP

    Michael Savory, le Lord-maire de la City de Londres, la place financière de la capitale britannique, est attendu jeudi en Tunisie pour une visite officielle de trois jours à la tête d'une délégation composée de financiers et de responsables des départements du commerce et de l'investissement britanniques.

    Sa visite vise à donner une impulsion à l'investissement britannique et "édifier des passerelles de tranfert d'expertise et de savoir-faire britannique" en Tunisie, a indiqué mardi Alan Goultry, ambassadeur de Grande-Bretagne en Tunisie.

    La Grande-Bretagne prendra, en juin, la présidence tournante de l'Union Européenne et souhaite appuyer l'intégration de l'économie tunisienne dans l'espace euro-méditerranéen, a-t-il déclaré à la presse.

    M. Savory a rang de ministre et est considéré comme le porte-parole de la communauté d'affaires et de la place financière de Londres.

    British gas est le premier investisseur étranger en Tunisie où il exploite le gisement Miskar qui fournit à ce pays 65% de ses besoins en gaz naturel.

    En 2004, la balance commerciale était favorable à la Tunisie pour une valeur d'échanges globale de 730 millions de dinars (460 millions d'euros environ).

    Quelque 300.000 touristes britanniques visitent annuellement la Tunisie

    Américains à Tunis
    ETATS-UNIS - 13 février 2005

    William A. Lawrence, le responsable du desk Tunisie au sein du département d'État américain, séjourne actuellement à Tunis, où il a déjà rencontré des membres du gouvernement, des opposants et des représentants de la société civile. Son patron, Scott Carpenter, sous-secrétaire d'État chargé de l'Initiative de partenariat entre les États-Unis et le Moyen-Orient (Mepi), s'est lui aussi rendu, le 4 février, dans la capitale tunisienne, en visite officielle. « La Tunisie peut s'appuyer sur ses acquis économiques et sociaux pour réaliser des progrès dans d'autres domaines, comme la liberté d'expression et la liberté de presse », a estimé le responsable américain.

    Tunisie
    Le temps de la démocratie

    Après le Premier ministre français, ça a été le tour du sous-secrétaire d'Etat adjoint américain de se rendre en Tunisie. Mais le son de cloche est différent entre Paris et Washington. Si la France fait tout pour éviter de heurter les sensibilités tunisiennes, les Etats-Unis, eux, ne semblent pas s'embarrasser de ces considérations. Les progrès socio-économiques « enviables » réalisés en Tunisie forment « une base solide pour étendre les libertés », en particulier la liberté de presse et d'expression, a dit le responsable américain. Ce n'est pas tout : Scott Carpenter a affirmé qu'il était « temps pour la Tunisie d'aller plus rapidement de l'avant dans la démocratie politique ».


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