• Un ex-détenu en grève de la faim depuis 27 jours entend poursuivre son jeûne

    Un ex-détenu en grève de la faim depuis 27 jours entend poursuivre son jeûne
    TUNISIE - 19 février 2005 - AFP

    L'ancien détenu islamiste et journaliste tunisien Abdallah Zouari, en grève de la faim depuis 27 jours pour réclamer "le droit de vivre avec sa famille", a indiqué samedi qu'il entendait poursuivre son jeûne.

    "J'absorbe uniquement du thé sucré avec des vitamines et je poursuivrai la grève pour en finir avec ma situation dramatique", a déclaré M. Zouarians) à l'AFP, se plaignant d'une présence policière permanente sur son lieu d'assignation pour "surveillance administrative" à Hassi Jerbi, une zone rurale près de Zarzis, à 500 km de son domicile de Tunis.

    Il a ajouté avoir reçu samedi la visite d'un médecin, qui l'a trouvé "affaibli" et d'un avocat qu'après "moult tractations avec la police".

    Un medécin, le dr Fethi Touzi, a déclaré que M. Zouari "se déplace avec des béquilles, a perdu 9 kg et commence à montrer des troubles neuro-végétatifs". "Au bout de quatre semaines, il va entrer dans une période critique", a-t-il précisé.

    L'avocat de M. Zoauari, Me Slah Ourimi a qualifié de "dégradant" le sort de son client, indiquant qu'il avait déposé un recours pour qu'il soit transféré dans le lieu de résidence de sa famille.

    Les autorités tunisiennes dénient le statut de journaliste à M. Zouari, affirmant qu'il avait été "condamné suite à son inculpation de crimes terroristes et à son refus de se conformer aux décisions de justice".

    Le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT, non reconnu) et la Ligue tunisienne des

    droits de l'Homme (LTDH) ont exprimé leur soutien à M. Zouari, le CNLT appelant les autorités à respecter "son droit fondamental à la libre circulation, à élire son domicile là où il le désire, à former un parti et à publier un journal".

    Ex-collaborateur de l'hebdomadaire Al Fajr (l'Aurore), organe du parti islamiste Ennahda, M. Zouari avait été arrêté en 1991 et condamné par un tribunal militaire à onze ans de prison dans le cadre des procès intentés à l'époque contre de nombreux dirigeants de ce parti interdit en Tunisie.

    Elargi en juin 2002, il a de nouveau été condamné à un total de treize mois pour "non respect de la surveillance administrative", une peine complémentaire contestée par les défenseurs des prisonniers.


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